Rire Noir

Murat Ozyasar nous berce d’une nouvelle à l’autre dans les bras d’une ville que l’on cache, Diyarbakir.
A travers ses personnages, dôles, perdus, touchants et toujours sincères à vouloir vivre en paix, Rire Noir c’est le cynisme comme dernier rempart face à l’indifférence, à la cruauté et à la domination.
Dans une langue tissée de kurde, qui donne à ses récit une saveur enivrante, Murat Ozyasar porte la voix de ses frères et soeurs qui espèrent toujours la lumière sous la poussière .

Telle est la question

Qu’y a-t-il au delà de la pénétration?
Un homme, hétérosexuel se pose la question.
Et c’est toute une ribambelle de portes qui s’ouvrent à vous !
Dans un petit texte, précis et dense, écrit avec les mots de celui qui désire comprendre et non juger, on décortique une pratique sexuelle normalisée.
Une lecture encourageante et nécessaire!

Disparaître d’elle

Entre l’imperceptible beauté de la vie et la puissance de la disparition de soi, Annie Perreault raconte un peu de la vie de Claire, sa fille et de la femme qui bascule.
Une écriture enivrante baignée d’une lumière crue, un roman pulsatile !

Vibrante Istanbul

A travers les souvenirs d’enfance, les amitiés indéfectibles, les joies et les peines de Téquila Leila, Elif Shafak rend hommage à Istanbul, ville bouillonnante et nous fait vibrer dans les pas des mal-aimés, qu’elle abrite.
Un roman foisonnant, trépidant et d’une grande tendresse !

Collage cru

Ce pourrait être uniquement le monologue féroce d’une femme se sentant étriquée dans son rôle de mère et d’épouse.
Mais la plume poétique et crue d’Ariana Harwicz assemble en un
collage fanstasmagorique le désir sexuel et l’animalité sans cesse contrarié.
Chant tragique et insolite sur l’identité perdue, poème sans fin, antisocial au possible, Crève mon amour dit tout haut ce que l’on ose à peine se chuchoter, une lecture salvatrice !

Corps en tous sens

Liminal est un roman érudit sans prise de tête, d’une grande richesse poétique.
Jordan Tannahill nous prends par la main à travers la vie de son double fictif pour explorer le corps à travers la mort, la création, les neurosciences, le théâtre et l’art!
Une plume dynamique et fluide pour une balade passionnante et réjouissante aux frontières de l’imperceptible.

le chemin de la vie

La vie apporte son lot de réjouissances et de drames et c’est souvent le désir qui nous raccroche à la vie qui nous aide à croire en la vie, qui nous mène sur le chemin de la réparation.
L’écriture subtil et juste de Pete Fromm nous embarque en douceur avec évidence, curiosité et empathie dans la vie de ses personnages.
C’est sa force, celle de chaque fois nous faire chavirer le coeur sans nous noyer !
La vie en chantier est une beauté!

Toutes les filles en fuite

Dans ce roman très intense porté par une écriture vive comme la fuite,
Edna O’Brien nous glisse dans la peau de cette jeune femme victime des hommes, de la folie religieuse, de la tentation de toute puissance d’une mère.
Les années passent et la violence faites aux femmes s’intensifie, malgrè une parole plus liberée et un activisme de plus en plus répandu, soutenir et lire le roman d’Edna O’Brien est une nécéssité !

L’autre ce père

savoir dire la mort du père et raconter ce qu’il a été tout en ne trahissant pas la réalité de la relation, de la filiation, de la ressemblance…. c’est tout un art.
retranscrire sans pathos et avec humour ces moments inouïs qui jalonnent la perte du géniteur.
Anne Pauly écrit comme on respire et c’est désarmant de justesse.

Le corps puissant

La vulnérabilité et la force du corps des femmes se joignent puissamment dans ce texte rythmé de justesse et de réalité.
Le corps d’après celui de l’enfantement, celui du désir, celui de l’enfant qui refuse le creux sociétal.
Sous la tension, la peur, la douleur, le sang il y a l’espoir de se rencontrer soi.
Un premier roman politique porté par une écriture haletante et onirique !